Transition énergétique : comment la recherche peut-elle y contribuer ?

Transition énergétique : comment la recherche peut-elle y contribuer ?

Transition énergétique : Comment la recherche peut y contribuer ?

Le Sénat a tenu la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable dans le cadre du projet de loi de finances pour 2022. Pourquoi faut-il investir massivement dans la transition énergétique ? Quel rôle à jouer pour la recherche ? Quelles technologies faut-il développer ? Voici le compte-rendu.

La transition énergétique, un défi à tenir coûte que coûte

Après deux années marquées par un budget de crise pour répondre aux conséquences de l’épidémie de Covid-19, le gouvernement mise sur un retour à la (quasi)normalité d’ici l’année prochaine. Le projet de loi de finances 2022 (PLF) table sur la dépense et l’investissement pour favoriser la croissance économique. Le déficit de l’Etat devrait atteindre les 143,4 milliards d’euros.
Le développement durable, la transition énergétique et le climat font notamment partie des sujets évoqués, ce qui est un signe de l’intérêt de plus en plus prononcé des pouvoirs publics envers ces problématiques toujours plus actuelles.

Le 22 novembre 2021, sous la présidence de Jean-François Longeot, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable a émis un avis favorable à l’adoption des crédits en matière d’énergie, de développement et de mobilité durables du projet de loi finances 2022.

Frédéric Marchand, sénateur LREM du Nord et rapporteur, (chargé de présenter en séance publique son point de vue, ses observations et ses amendements) a voulu souligner “l’excellence de la recherche française” dans ces domaines. Et pour cause, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), l’IFP Énergies nouvelles (IFPEN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont tout les trois contribué à déposer une part importante de brevets concernant les technologies bas carbone entre 2000 et 2019. En témoigne le graphique suivant :

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Le CEA et l’IFPEN occupent respectivement la première et quatrième place du classement des établissements de recherche publique, quand le Massachusetts Institute of Technology arrive à la 13e place.De manière plus globale, la France (17 487 brevets) se retrouve sur le podium des pays européens les plus innovants en matière d’énergies faibles en carbone. Loin devant l’Hexagone se trouve l’Allemagne (52 684 brevets) et juste derrière lui, la Grande Bretagne (11 289 brevets). Ainsi, l’Europe est le continent le plus innovant pour les énergies bas carbone en étant responsable de 28 % des brevets déposés allant dans ce sens

Une baisse d’emplois à l’origine de la « fuite des cerveaux »

Néanmoins, la commission a fait part des difficultés récurrentes en matière de pérennité des emplois, des financements et des compétences. Entre 2013 et 2021, les dotations allouées à la recherche ont diminué de 10 %, tandis que les dépenses d’expertise sont constantes, entraînant une chute des capacités d’investissement. Ainsi, on observe un effet de domino : les fragilités financières provoquent une accélération des départs anticipés remplacés par des profils moins expérimentés.

Le capital humain des établissements se retrouve en déficit. De ce dernier résulte une perte d’attractivité et de souveraineté. C’est le cas de L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) dont la situation patrimoniale et financière s’est relativement dégradée, comme l’a indiqué la Cour des comptes.

Le départ des chercheurs vers l’étranger est également une source d’inquiétude non négligeable selon François Calvet : “Le phénomène de « fuite des cerveaux » est préoccupant. L’IFP Énergies nouvelles a perdu une centaine de postes du fait du non-renouvellement des départs en 2021. Par ailleurs, les plafonds d’emplois de l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) baissent de 2 % par an, soit l’équivalent de plus de 20 % en dix ans”.

Développer de nouvelles technologies énergétiques

La nécessité de développer les nouvelles technologies de l’énergie est primordiale. Réseau de transport d’électricité (RTE) a récemment décrit dans son rapport “Futurs énergétiques 2050” l’électrification impérative de notre modèle énergétique. D’ici 2050, on estime à 55 % la part de l’électricité dans la consommation d’énergie finale (25 % en 2021) avec pour objectif une neutralité carbone. En ce sens, l’IFPEN joue un rôle important en matière de technologie de captage, stockage, transport et valorisation du CO2 avec le projet BioTfuel pour développer des biocarburants utilisant les résidus agricoles et forestiers.

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Le soutien de la recherche française en matière de prévention et de gestion des risques constitue aujourd’hui un enjeu majeur. L’institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) travaille par exemple sur les risques industriels post-Lubrizol (la société avait été mise en examen en septembre 2021 pour déversement de substances nuisibles dans les eaux et rejet en eau douce de substances nuisibles au poisson)

En outre, l’INERIS analyse les valeurs toxicologiques de références (VTR). Cela correspond à un indice toxicologique qui permet, par comparaison avec l’exposition, de qualifier ou de quantifier un risque pour la santé humaine. Le budget alloué à la recherche post-accidentelle est de 1,5 millions d’euros.

Du côté du CEA, les travaux sont principalement portés sur les risques environnementaux et climatiques avec des simulations de répercussions d’un tsunami, de la pollution des sols et des rivières. 

Le rapporteur a suggéré de cibler des financements sur des projets de recherche afin de soutenir une approche systémique et territorialisée des villes et des territoires durables. L’Université Gustave Eiffel (UGV) y a son rôle à jouer.

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Depuis sa création en 2020, l’UGE développe le projet I-site Future centré sur la “ville de demain” autour de trois défis : 

  • une ville sûre, résiliente et intelligente
  • une ville économe en ressources naturelles et en énergie
  • une ville au service du citoyen.

Intégré à ce projet, l’éco-quartier de LaVallée à Châtenay-Malabry est le fruit d’une longue collaboration entre l’UGE et le groupe Eiffage conjuguant conception bas carbone, économie circulaire, nature en ville et nouveaux usages urbains et digitaux.


Par Léo Olivieri, journaliste web et responsable de la newsletter Back To Science chez Okay Doc.


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