Interview avec RaccourSci, plateforme numérique de vulgarisation scientifique

Interview avec RaccourSci, plateforme numérique de vulgarisation scientifique

Interview avec RaccourSci, plateforme de vulgarisation scientifique

Websder Corneille a une licence en sciences du langage et est chargé des communications de la plateforme numérique RaccourSci. Ancien responsable régional des communications de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), il joue à présent le rôle d’animateur auprès des Clubs Leaders Étudiants Francophones (CLEF) de la Caraïbe.

Qu’est-ce que RaccourSci, quel est son objectif ?

RaccourSci est une plateforme numérique en français qui vous donne accès à une multitude de ressources courtes et gratuites sur la vulgarisation scientifique. Elle vous permet de communiquer la science sans détour.

La plateforme vise à mieux outiller les chercheur-se-s, vulgarisateur-trices et autres passionné-e-s de sciences pour communiquer avec aisance, sans peine, le fruit de longues années de recherches ; s’illustrer avec brio dans des dialogues avec leurs pairs ou dans les congrès et favoriser le dialogue scientifique avec le public. 

Qui peut utiliser RaccourSci ?

RaccourSci touche d’abord aux jeunes chercheur-se-s, aux doctorant-e-s qui constituent les acteur-e-s de la relève, mais ses frontières sont encore plus élargies : la plateforme s’intéresse à celles et ceux qui font de la communication savante ou qui ont besoin de soutien pour leurs premiers pas dans la vulgarisation scientifique, comme lancer une chaîne YouTube ou animer un blog scientifique. 

Les utilisateur-trices peuvent être des journalistes scientifiques, des communicateur-trices, des vulgarisateur-trices, doctorant-e-s, candidat-e-s à un master, postulant-e-s à un concours de vulgarisation comme celui de Ma Thèse en 180 Secondes (MT180). 

Pourquoi est-il important de remettre les chercheurs au cœur des débats de société ? Qu’est-ce qu’ils apportent ?

Le public a besoin d’être éclairé sur les enjeux de l’heure pour pouvoir mieux orienter leurs choix. Et qui de mieux que les scientifiques pour leur expliquer les effets néfastes du changement climatique, les lois de bioéthique, comment se protéger contre la Covid-19 et la désinformation. Lorsque les chercheur-se-s répondent aux abonnés absents à des débats aussi importants, la propension du risque à la désinformation, par exemple, augmente indubitablement. À RaccourSci, nous avons même envie de dire que c’est un engagement citoyen, une rétribution aux contribuables. 

Les chercheur-se-s apportent également aux débats publics leurs expertises, leur savoir-faire, une pensée critique qui permet de déceler le vrai du faux. Aux fonctionnaires et décideur-se-s, par exemple, ils viennent avec leurs observations et des informations scientifiques qui peuvent les aider à effectuer une meilleure planification, mise en place et évaluation des politiques publiques. 

En quoi est-il important d’avoir une formation en communication scientifique ?

Les chercheur-se-s témoignent souvent de leurs difficultés à faire comprendre à leurs pairs et à des publics de non-spécialistes les résultats de leurs travaux de recherches ; et souvent ce qui leur fait défaut n’est autre que la retranscription concise et précise des éléments complexes tels qu’ils apparaissent dans leurs travaux. Du coup, se former en communication scientifique permet aux chercheur-se-s de mieux structurer le message, travailler et re-re-travailler l’oral (plus de quarante fois avant de remettre l’ouvrage ?!), préparer de manière lisible une affiche. En outre, savoir bien communiquer les sciences favorise un dialogue plus efficace entre les chercheur-se-s et tous les publics. 

Comment fonctionne votre plateforme ?

  • La rubrique Astuces publie que des contenus originaux sous forme de top 5, de top 10, de vidéos ou bien d’articles courts. 
  • La rubrique Parcours est un programme de formation sur la communication scientifique développé en collaboration avec l’école de la médiation (France). 
  • La rubrique Ressources reprend surtout des contenus qui sont déjà publiés sur d’autres plateformes (par exemples des blogs, des portails universitaires, etc.). 

La porte n’est pas fermée, les nouvelles propositions de contenu seront accueillies favorablement. Il suffit de m’écrire à websder.corneille@raccoursci.com pour discuter de l’angle, de la portée/originalité du contenu et s’il n’est pas déjà disponible sur la plateforme. 

Quel a été le retour des utilisateur-trice-s de RaccourSci, sont-ils satisfait-e-s ?

Les échos sont jusque-là très positifs. Des témoignages de jeunes chercheur-se-s, professeur-e-s d’université, journalistes scientifiques ou de simples curieux nous permettent de conclure que nous sommes sur la bonne voie. Nous pouvons également confirmer que nos offres de formation (par exemple, la dernière en date destinée aux jeunes chercheur-se-s d’Afrique subsaharienne) attirent beaucoup de monde, et le taux de visiteurs va grandissant. 

Sur les réseaux socio-numériques, le taux d’abonné-e-s augmente considérablement, et les messages véhiculés sur la plateforme touchent de plus en plus à une plus grande audience. Un plus grand nombre d’établissements d’enseignement supérieur (ESR), d’instituts et centres de recherche, de chercheur-se-s tout court reprennent nos contenus dans leurs réseaux. C’est un très bon signe pour une collaboration efficace et prometteuse, disons-nous, humblement. 

Au début de septembre dernier, nous avons publié notre première infolettre qui s’appelle Bulletin de communication scientifique, et les retours sont très encourageants. La belle communauté de RaccourSci contient de grandir, et celles et ceux qui ne nous ont pas encore rejoint, peuvent le faire dès maintenant via TwitterFacebook et YouTube ou tout simplement m’écrire pour une information urgente. 

Quelles prochaines étapes pour la plateforme ?

Nous envisageons de nouvelles collaborations avec des écoles doctorales, des instituts et associations de recherche, des structures de journalisme scientifique, des musées pour faciliter une plus grande accessibilité de nos ressources aux publics partenaires. Ils peuvent nous contacter dès à présent.  Outre nos programmes en cours, comme les CAFÉS RACCOURSCI (série de discussions mensuelle autour de la communication scientifique) et l’Atelier de formation en communication scientifique destiné aux jeunes chercheur-se-s d’Afrique subsaharienne, nous réfléchissions à d’autres initiatives du genre en vue d’impulser la dynamique vulgarisatrice à de nouveaux-elles passionné-e-s de recherche aux quatre coins de la planète.


Par Michael Nizard, chargé de la communication web et responsable de la newsletter Back To Science chez Okay Doc.


One Response

  1. Chinetor PAUL dit :

    Très enrichissant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.