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Grand débat, et maintenant si on parlait de la recherche ?

Grand débat, et maintenant si on parlait de la recherche ?

PROLOGUE

Un pays qui voit le nombre de doctorants en baisse, est un pays qui se meurt !

Lors du « Grand Débat des Idées », Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012, a déploré « le décrochage inquiétant de la France dans la compétition internationale » en matière de recherche, et « le manque d’attractivité des carrières scientifiques ». Pourtant aucun grand débat n’a été organisé sur cette thématique essentielle pour l’avenir de notre pays ! C’est pour pallier ce manque, que la plateforme d’expertise Okay Doc a organisé en partenariat avec l’AFDD (Association Française des Docteurs en Droit), Doctopus (projet associatif indépendant de doctorants et de jeunes docteurs), Génération Phd, le collectif France Doctorat un vaste état des lieux. 

C’est l’autre exception culturelle française ! Les chercheurs ne doivent pas être les grands oubliés de l’état des lieux qui a été fait à l’occasion du Grand Débat ! « La recherche, c’est le futur de la France, mais c’est paradoxalement une thématique complètement absente des débats actuels qui visent à le construire » a déclaré Dr. Yann-Maël Larher, cofondateur Okay Doc et administrateur de l’Association Française des Docteurs en Droit en guise d’introduction. 

Les titulaires du doctorat ont un rôle à jouer dans la transformation de la société et la compréhension des mutations​. Des sciences physiques aux sciences humaines et sociales, il s’agit de s’assurer que la valorisation des chercheurs dans la recherche privée mais aussi publique soit à la mesure des enjeux climatiques, sociaux, économiques, géopolitiques… auxquels nous faisons face. 

Un témoignage qui représente ce que pensent beaucoup de chercheurs : « En France on part de ZERO, ce n’est pas des privilèges que l’on demande, c’est juste un peu de RECONNAISSANCE ! ».

« Il faut chercher l’argent là où il se trouve », les apports des participants montrent que les chercheurs ont conscience des limites de la recherche financée à 100% par l’État. En revanche ils constatent globalement qu’il n’y a pas suffisamment d’efforts faits pour les accompagner à valoriser leurs travaux auprès des entreprises ou aller chercher des financements. Les avis ne sont pas unanimes pour autant, certains suggèrent de mieux former les doctorants aux codes des entreprises, tandis que d’autres souhaitent au contraire leur permettre de consacrer plus de temps à leur travail de recherche. 

Une grande partie des réponses pointe les nombreux obstacles administratifs au sein des universités et des laboratoires dès lors qu’on souhaite sortir des sentiers balisés… en somme innover.

L’enquête GénérationPhD dresse pour la première fois un portrait des aspirations de nos jeunes chercheurs : doctorants et jeunes docteurs en France. Sans prétendre à la représentativité, les 2 574 réponses obtenues permettent de dresser un portrait unique de la génération montante des chercheurs, puisque près de la moitié des répondants sont en cours de thèse et 40% l’ont obtenue il y a moins de six ans.

Les jeunes chercheurs estiment être… 

  • Isolés, sous-payés, mal préparés au marché du travail, parfois en difficulté financière ou victime des idées reçues, voire écrasés par les charges administratives…

Mais ils disent aussi être…


  • Optimistes, ouverts au monde, soutenus par leurs parents et leurs amis, voire privilégiés.

Découvrir l’ensemble de l’enquête sur www.generationphd.com

CHIFFRES CLES

  • En France, 277.000 chercheurs dont seulement 25% femmes. 
  • 10% des équipes en R&D dans les entreprises bénéficient d’un doctorat
  • 74 319 étudiants inscrits en doctorat (rentrée 2016).
  • 14 500 doctorats en moyenne délivrés par an (14 565 en 2016).
  • 7e rang mondial pour les publications scientifiques (la France a produit 3,2% des publications scientifiques mondiales (moyenne 2014-2015-2016).
  • 4e rang mondial dans le système européen de brevets avec 6,5% des demandes enregistrées (part mondiale des demandes de brevets européens pour la France).
  • 56,7% part des co-publications internationales de la France.
  • 0.79 % du PIB français consacré à la recherche publique (engagement porté à 1% au niveau de l’UE)  

THEME N°1 – La valorisation des travaux de recherche

Animé par Angélique Payet

General Manager Be Aware Groupe, consultante en stratégie d’entreprise

La richesse de la recherche française, repose sur des femmes et ces hommes qui ont développé des expertises très spécifiques et des compétences extrêmement pointues. Cette ressource principale, la matière grise, doit être mise en avant dans toutes les organisations. La vitalité économique de notre pays repose sur le dynamisme de nos entreprises. Or les connaissances et les compétences produites par la recherche sont des éléments fondamentaux à la croissance économique et sociale.

Pourquoi 30% de nos chercheurs sont amenés à partir à l’étranger ? Pourquoi ont-ils tant de mal à revenir ? Comment éviter la fuite de cerveau ?

« Que les entreprises privées reconnaissent le doctorat dans la grille salariale comme aux US et que les PhD soient mieux rémunérés dans le privé 2). Multiplier par 2 la rémunération des PhD,  personne, même plus les chinois ni les indiens, ne veulent bosser 3 ans de plus au SMIC à Bac+5 » 

« Dans les pays anglo-saxons les PhD sont reconnus pour leurs compétences managériales. En France on doit toujours rappeler qu’il s’agit comme même du plus haut diplôme académique! »

« Sur la question du départ sur les 30% de docteurs qui partent à l’étranger. C’est plutôt une chance car nous aussi on a des docteurs étrangers. Mais c’est la galère pour les doc qui partent quand ils veulent revenir. Pour les 40% de doctorants étrangers en France, ils ont encore plus de difficultés pour être intégré dans les universités et dans les entreprises françaises malgré un bon cursus ». 

Pour vous, un doctorat français équivaut-il à un Ph.D. ailleurs dans le monde ?

« Dans les pays anglo-saxons, les docteurs sont appelés par leur titre, en France seuls les médecins le sont… Quand le protocole n’est pas là… … ça en dit long » 

« Cela pourrait paraître idiot mais faire figurer le titre sur les papiers d’identités officiels pourrait directement et indirectement contribuer à une plus grande reconnaissance de celui-ci. Cela se fait notamment en Allemagne il me semble » 

Quels dispositifs pourraient selon vous promouvoir le doctorat dans la société française ? 

« En France, les Dr. ne se respectent même plus quand ils sont l’objet de moqueries et constamment rabaissés par toute la société. Au pôle Emploi, ils ne savent même pas ce que signifie un PhD. La grande majorité des français ne savent pas non plus ce qu’est un doctorat ».

« Demander à tous les docteur.e.s de réaliser une communication (affichée de préférence) pour montrer l’importance de leurs thèses pour la Société civile et recenser leurs posters pour les mettre à disposition de tous/toutes (industries, Ministères, citoyens, etc.) » 

« Lancer une grande campagne nationale de communication sur les compétences et le savoir-faire développés pendant la thèse » 

« Un court métrage choc sur le doctorat à l’étranger, sa reconnaissance secteur privé face à la France » 

« Je ne suis pas spécialiste de la question mais je me demande si légalement, la mention seule de « Dr » n’est pas réservée aux médecins et doit être suivie de la discipline pour les autres. Bon, après, c’est peut-être de l’enfumage raconté par un médecin » 

« Ne pas donner de faux doctorats par équivalence comme il a été proposé de faire aux ingénieurs (c’est devenu effectif d’ailleurs ?), arrêter de dire que les médecins sont docteurs avec leurs « « « thèses » ». 

Renforcer les rapports avec le monde économique 

« Il y a de très fortes compétences en France, c’est dommage de voir les brevets partir à l’étranger. Le chercheur et l’entreprise se ressemblent. C’est un état d’esprit commun et des approches complémentaires ».

« Ce qui manque en France ce sont des « bilingues », des personnels capables de parler à la fois au secteur académique et au secteur économique. Il faut des gens qui parlent les deux langues ».

« Il faut commencer par redéfinir les travaux académiques par mettre la théorie au service des avancées socio-économiques et écologiques. Cela permet aux futurs docteurs d’avoir une belle première expérience du monde de la R&D ». 

« Prévoir une formation à la propriété industrielle en début de thèse. Prévoir une bourse complémentaire de 1 an ou 2 ans suite à toute déclaration d’invention mettant en œuvre des résultats auxquels un doctorant a contribué » 

« Pour faire d’un chercheur un entrepreneur, il faut changer de «mindset». Une entreprise ne peut exister que s’il y a un marché, on ne peut pas financer sa boite avec que des fonds publics » 

« Créer la CTD, Commission des Titres de Docteurs, à l’instar de la Commission des Titres d’Ingénieurs, ce à quoi nous travaillons avec le MESRI depuis l’année dernière ».

« Plus d’écoute et de prise en compte des docteur.e.s dans les décisions de sociétés de la part de nos dirigeants. Plus de docteur.e.s dans les hautes fonctions » 

« Reconnaître le doctorat comme un diplôme professionnalisant aussi bien dans le domaine privé que public en valorisant davantage le parcours du docteur (gestion de projet sur le long terme, activités d’enseignement et de recherche, travaux d’équipe…) et + de postes de MCF » 

« Mieux informer les entreprises du CIR et avantages (y compris fiscaux) associés à l’embauche d’un docteur » 

« Systématiser les liens doctorants / entreprises avec 3 mois de stage minimum »   

« Le CIR est très attractif pour les jeunes entreprises, mais il a aussi un côté pervers. Certaines jeunes entreprises ont tendance à recruter puis écarter rapidement les jeunes chercheurs pour récupérer à nouveau du CIR » docteur en biologie 

« Pas d’accord avec ce qui a été dit sur le CIR. Cela permet de mettre un pied dans la porte à des jeunes chercheurs et de se lancer dans le privé. Les sociétés qui recrutent des jeunes chercheurs dans le cadre CIR c’est plutôt une satisfaction. Beaucoup de jeunes chercheurs sont montés en compétences et ont pris une bonne évolution de carrière ».

« Il est possible de financer les sciences sociales. Quand on voit le montant des sommes alloués à des cabinets de conseils. Si on transférait une partie de ce budget, il y aurait pas mal de financement à récupérer. C’est intéressant pour les entreprises de monter en compétences, d’avoir une réflexivité plus importante. Et c’est une chance pour les sciences sociales car cela leur ouvre les portes à de nouvelles réflexions ; Il faut que les pratiques soient plus ouvertes. Il faut ouvrir le processus de recherche, et d’aller chercher des idées ailleurs » Chercheur en Science Sociale, travaille en labo privé

« Il faut connaitre son écosystème. Plus il y en a mieux c’est. (Entreprise, institutionnel, académique…). Même les entreprises font de la recherche fondamentale. Elles feront plus de la Recherche appliqué car elles ont des besoins de marchés. Il faut créer du lien et travailler sur les sujets. Le monde avance (Chine, Inde, Afrique…) ». 

Le financement de la recherche publique 

 « Aux États-Unis, le mécénat de la recherche est développé avec des grandes fortunes qui donnent beaucoup aux Universités. La question du financement ne se transmet pas que dans un budget annuel. Il faut arrêter de penser que les financements à l’année est la seule solution. Sur les partenariats public/privée, je suis inquiet pour la recherche fondamentale. Y-aura-t-il une échelle de valeur qui va se créer ? C’est contourner le problème de dire que c’est le privé qui doit financer la recherche ». 

« Ce qui bloque en France c’est le financement. J’ai postulé à l’étranger, puis je suis retourné en France, j’ai trouvé un labo, mais le problème c’est le financement. Toujours devoir démarcher les entreprises. Il faudrait lever des fonds… » 

« Si on fait un appel ANR, on demande 600KE de budget, mais ce n’est pas vrai, une grande partie c’est le fond de roulement. L’autre soucis, c’est d’enlever les obstacles organisationnels et financiers structure par structure. Il faut plus de souplesse, notamment à l’université, quand il reste de l’argent dans le budget il est impossible de l’investir, il disparait. Les universités forment des techniciens qui partent direct dans le privé. Si les étudiants veulent prendre des initiatives, ils sont écrasés par les normes administratives et la charge protocolaire ». 

« Il faut un changement de paradigme. Il faut valoriser la recherche en France, mais il faut que cette valorisation revienne à la France ».

« En passant dans le privé j’ai fait X4 pour le salaire. Si on veut garder les chercheurs faut les payer. Il y a également une certaine hypocrisie avec les statuts dans la recherche publique où beaucoup travaillent dans le privé de manière cachée ». 

« On n’est pas dans une culture versée dans ce type de valeur. Quand on rencontre des entrepreneurs, ils se posent aussi la question du financement…  Les financements existent, mais ils sont très compliqués pour les obtenir. Dans mon parcours, j’ai aussi été représentante de la France à l’IFIA (ONG à Genève qui promeut l’innovation dans le monde). Souvent les inventeurs, qui viennent nous voir nous disent « oui mais on veut des financement ». Je leur dis le plus important ce n’est pas le financement c’est surtout de promouvoir et de valoriser leurs travaux. Ensuite on trouve les financements. Le souci c’est qu’il y a un problème de temporalité entre le temps de la recherche et trouver un potentiel marché/client. La diversité des financements peut aider, mais il faut assouplir le système, proposer des mécanismes de financement. A partir du moment ou en parle de l’idée, on la fait connaitre, il faut la faire comprendre. A partir de là on trouve des partenaires » Docteur en Science de Gestion 

Diffuser la culture de la recherche dans la société / lutter contre les « Fakes News » 

« Aux niveaux des Fakes News, l’appropriation de la recherche ça commence dès le plus jeune âge. La réforme du bac a beaucoup d’avantage (choisir à la carte) mais elle a un défaut, elle met de côté certaines matières scientifiques. On a un vrai risque de perdre une culture en mathématique. Cette réforme est bien dans le principe. Il faut que la recherche se mette à jour. Les Fake News se jouent sur Internet. Il faut que les chercheurs se mettent à jour. Dès maintenant il faut avoir une présence pour contrer ces vagues de Fake-News » Étudiant en médecine. 

« La science a toute sa place dans la société mais elle est peu présente à la télévision en France depuis l’arrêt de « C’est pas sorcier ». En Grande Bretagne, sur les chaînes publiques il y a beaucoup d’émissions qui médiatisent le travail des chercheurs. Ça manque en France de mettre la science dans la société ! » Chercheuse dans un laboratoire privé. 

« La recherche est là pour servir à la société, mais il ne faut pas que tout soit orienté sur l’appliqué. Sur le papier on a les gens qui sont pour nous aider, mais dans les faits ils ne font rien. Il manque des personnels administratifs compétents. La recherche ne doit pas venir uniquement les entreprises, c’est une piste qui peut exister, mais pas la seule ».

« On a besoin d’ambassadeurs. Comme lorsqu’on apprend une langue, il pourrait y avoir plusieurs niveaux de complexité pour faire appréhender la culture scientifique.  La richesse se fait dans l’interdisciplinarité. Les jeunes ont besoin d’avoir de l’espoir ». Jeune chercheuse. 

« Je suis dans une coopérative de chercheurs, on essaye de lancer un nouveau modèle : une coopérative généraliste avec une branche recherche. L’idée c’est de travailler sur des projets de communication scientifiques et partager les savoirs tout en gardant chacun son expertise avec des universités et des laboratoires différents ». 

« Il y a un master valorisation de la recherche créée à Paris-Saclay. Sur la valorisation de la recherche, il faut valoriser la culture scientifique. Par exemple, dans mon cas, je travaille pour le rectorat de Dijon, et il se peut qu’on créée au lycée un cours « initiation à la recherche » pour qu’ils améliorent quelque chose dans leur établissement. Cela me semble important que dès le lycée, il faut plus que des cours d’esprit critiques, mais des cours de méthodologie scientifique ».

« On travaille sur des sujets complexes. Comment faire passer ce savoir à des personnes jeunes, ou des personnes non initiées à la recherche ? Il faut qu’on ait la capacité de rendre simples nos recherches. Les chercheurs doivent aller aux contacts des plus jeunes et les initiés à la science, si on arrive à transmettre des notions juridiques complexes à des jeunes de CE1/CE2 alors on pourra aussi convaincre un public plus âgé » docteur en droit public  

« Il faut former les chercheurs à communiquer de façon simple sur leurs recherches sur les réseaux sociaux et sur Youtube au même titre qu’on valorise les publications dans des revues scientifiques » 

« Pour la diffusion de la culture scientifique aux plus jeunes, n’en déplaise à la génération X, les jeunes regardent plus Youtube et Netflix que la télé. Pour la place de la culture scientifique dans les médias, malheureusement le sensationnalisme et souvent privilégié face au consensus scientifique. Les scientifiques sont insultés de trolls payés par Monsanto quand nous rappelons que le glyphosate n’est pas cancérigène (sur envoyé spécial et franceinfo) idem sur la question de vaccination et encore l’homéopathie ».

THEME N°2 – La valorisation des parcours de chercheurs

Animé par Charlotte Fillol,

Administratrice de l’Institut Sapiens, ex- Directrice Education d’Openclassrooms et Maître de Conférences à l’Université Paris-Dauphine

Le choix de carrières des doctorants puis docteurs constitue le facteur essentiel de transformation d’une démarche personnelle (apprendre la démarche de recherche) à une valorisation collective et pérenne de la recherche. Si trop de docteurs n’endossent pas la carrière de chercheur, dans des structures publiques ou privées, la valeur ajoutée sociétale est moindre. La carrière naturelle d’un docteur est celle d’enseignant-chercheur / chercheur, carrière hautement complexe après le parcours du combattant du doctorat. L’enquête pointe du doigt l’isolement et une certaine frustration des chercheurs dans leur fonction. 

Pour ceux qui se détournent de la recherche ne sont pas suffisamment préparés au monde de l’entreprise et ont des difficultés à valoriser leur travail de doctorat. Ces constats mènent finalement à une décroissance du nombre de docteurs (-10% en 7 ans), à une frustration des chercheurs en poste, et enfin, à une fuite des cerveaux dans lesquels la recherche est valorisée avec de multiplies sources de financement et de réelles applications en entreprise. 

Le parcours des doctorants : un parcours du combattant ? 

« Le problème de l’orientation en thèse c’est le problème de l’orientation tout court. C’est très important d’aider les jeunes à comprendre ce qu’est la recherche et sur quoi elle débouche » 

« Le doctorat est un diplôme qui sanctionne un parcours du combattant. Mais le doctorant en est-il vraiment conscient lui-même ? » Docteur en biologie

« Parcours du combattant, oui. La question de la structure d’accueil est déjà importante, dans certaines universités tous les doctorants n’ont même pas de bureau » 

« Il faudrait augmenter le salaire des doctorants bénéficiant des contrats CNRS et universitaires »

« Obliger à mettre, dans les chartes de thèse, une obligation de contracter des missions de conseil ou de partenariat avec le privé »  

« Limiter le nombre de docteurs par encadrants, arrêter les délires à base de formation en développement personnel et autre coaching… Donner les moyens de faire de la recherche. Faire de la recherche ».

« Balayons aussi devant notre porte, l’université doit être la. Première à valoriser ses diplômés ! » 

« Le chercheur qui encadre une thèse est un manager mais il n’est souvent pas formé pour ça. Dès qu’on dirige une équipe, c’est important d’être informé aux risque psycho-sociaux, beaucoup de jeunes doctorants sont en souffrance on le voit bien à travers leurs publications sur les réseaux sociaux ». Doctorant en psychologie 

« L’accompagnement psychologique est important mais est-ce que c’est le rôle du directeur de thèse ? En fin de l’année dernière il y a eu un workshop sur l’encadrement doctoral à Lyon. Je pense que c’est un problème de positionnement, car le directeur de thèse doit pousser l’étudiant dans ses retranchements scientifiques. Il faudrait peut-être des personnes qui aient le rôle de coach. Docteur, Dirigeant d’une entreprise de conseil 

 « J’aimerai préciser une chose, le doctorat c’est un jeune chercheur, un professionnel, mais aussi un étudiant. Le directeur de thèse c’est un chef d’équipe, mais aussi quelqu’un qui doit accompagner ses étudiants. On ne peut pas comparer une entreprise et un labo »  Chercheur en physique/chimie.

« Ouvrir une filière sciences infirmières. On est nombreux à vouloir poursuive et à se retrouver confrontés à de nombreux obstacles. Mais c’est vrai qu’une reconnaissance administrative du doctorat s’impose » 

« Est ce qu’il faut que toutes les personnes qui veulent de la recherche doivent se lancer dans une thèse ? n’est-ce pas trop ? La question de la sélection du doctorat est importante. Une fois qu’on a sélectionné, qu’est-ce qu’on en fait ? Il faut des encadrants. Il faut former les encadrants. Cette question commence à se poser dans les écoles doctorales. Il faudrait des impulsions gouvernementales. Par exemple, que ceux qui passent des HDR aient des formations sur l’encadrement. On a ensuite la question ; qu’est-ce que ce doctorat veut faire ? La poursuite de carrière ».

« Le grand challenge, à partir du premier jour de la thèse c’est de se mettre en tête qu’on est jeune chercheur. On doit apprendre un nouveau métier et si l’équipe existe travailler en équipe. Je parle de ma propre expérience, j’ai dû en troisième année de thèse co-encadrer des masters et des stagiaires. C’est un bon apprentissage qui se fait sur le terrain. Il y a également le rapport avec l’encadrant, l’entreprise (dans le cas d’une CIFRE). Il y a aussi les rapports complexes avec l’administration de l’université. Il faudrait que le futur docteur puisse être toujours ouvert au monde extérieur, aux attentes de la société par apport à sa propre thèse pour assurer la transition professionnelle » docteur en biologie

La poursuite de carrière des docteurs : mieux valoriser les années de thèse ! 

 « Je trouve que par rapport aux ingénieurs (Bac +5), les docteurs (Bac+8) sont très mal reconnus dans les entreprises en France, certains ingénieurs qui sont aussi docteurs cachent même le fait qu’ils ont un doctorat » 

« Une chose assez simple à mettre en place, c’est le statut de la thèse dans les conventions collectives et que la thèse soit reconnue comme une expérience de trois ans » représentant d’une association doctorale 

« Si on demande aux doctorants de travailler leurs compétences, il faut aussi que les recruteurs osent changer leurs codes de recrutement. Un docteur en droit, en linguistique… peut apporter beaucoup de choses à une entreprise, mais elle ne doit pas avoir peur de faire des découvertes ! ». Docteur en droit. 

« Comment sont prises en compte les recherches dans les politiques publiques ? A une époque pas si lointaine il y avait des docteurs dans tous les cabinets ministériels combien sont-ils aujourd’hui ? » 

« Il est essentiel d’inscrire le doctorat et son niveau dans toutes les conventions collectives.  Son inscription au RNCP en janvier dernier n’est qu’un premier pas » 

« La base ça serait que les jeunes docteurs soient distingués et qu’on leur remette officiellement le diplôme et pas devoir attendre 6 mois pour aller le chercher au fin fond de la Fac … La reconnaissance est la base »

« Supprimer les grands corps au profit du doctorat ! » 

« Réserver les postes de la haute fonction publique aux docteurs ? Au lieu d’augmenter le nombre de recteurs non docteur ! Accessoirement, exiger le doctorat pour passer le concours de l’ENA ! » 

« Faciliter l’accès aux corps A+ de la fonction publique – notamment en filière culturelle – avec des concours réservés » 

« Augmenter le recrutement de chercheurs et enseignants-chercheurs » 

EPILOGUE

Par Yves Jégo, ancien Ministre

Chef d’entreprise, Président de l’Association Pro France

Je ne suis pas issu du monde de la recherche mais je suis associé à OkayDoc, car cette startup répond à une problématique essentielle : la visibilité de la recherche dans notre pays. Le marketing du chercheur fait un peu défaut alors qu’on n’a jamais eu autant besoin de la recherche pour résoudre les grands défis de notre époque.

Que ce soit dans les domaines de la transition écologique, numérique et sociale… il y a matière à recherche de façon inépuisable. Pour y arriver, il faudra résoudre une problématique très française, le cloisonnement et l’affectation des ressources. La recherche est restée encore nationale dans les mains de l’État, mais les poches de l’État sont percées et finalement la valeur qui devrait revenir aux chercheurs est perdue en chemin. Il faut donc faire œuvre d’imagination (non pas fiscale), mais sur des moyens de financement via les entreprises ou les collectivités par exemple. J’en suis convaincu et les échanges le prouvent, il y a matière à créer des écosystèmes nouveaux et vertueux, non seulement pour les entreprises mais aussi pour la société dans son ensemble.

Ce qui manque le plus à la recherche c’est finalement de mieux communiquer pour se rendre visible auprès de tous les acteurs. Et pourquoi pas une version « Top Chef » dans le domaine de la recherche ? 

A propos de Okay Doc

Créée en 2018, par 3 docteurs en Sciences Humaines et Sociales, Cindy Felio, Yann-Maël Larher et Cyril Couffe, et l’ancien ministre Yves Jégo, Okay Doc est la première communauté de chercheurs et d’expertise de haut niveau dédiée à la transformation numérique des organisations. Okay Doc accompagne les entreprises et les organismes publics pour faire plus souvent appel à l’expertise des docteurs enmobilisant l’expertise des chercheurs sous la forme de : travaux exploratoires ; états de l’art ; séminaires prospectifs ; notes de recherche ; conseils ; conférences… Les experts peuvent accomplir leurs missions individuellement ou conjointement avec d’autres chercheurs de façon pluridisciplinaire.

Une réponse

  1. […] n’ont que peu été entendus au sein de cette agora national… à l’exception notable du Grand débat pour la valorisation de la recherche, qui s’est tenu le 10 avril dernier à […]

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