Biotechnologie : « L’entrepreneuriat est avant tout une aventure humaine »

Biotechnologie : « L’entrepreneuriat est avant tout une aventure humaine »

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Titulaire d’un doctorat en génie biomédicale, Olga Chashchina s’est lancée dans l’entrepreneuriat en cofondant et en devenant directrice technique de l’entreprise Metyos, spécialisée dans le secteur d’activité de la recherche-développement en biotechnologie.

Quel est votre domaine d’activité ?

Actuellement je travaille dans le domaine des dispositifs médicaux. C’est un domaine très intéressant car il nécessite une équipe technique fortement interdisciplinaire : des médecins, des physiciens, des chimistes, des biologistes sans oublier l’expertise informatique et algorithmique.

Pouvez-vous résumer votre parcours de thèse ?

Je suis physicienne de formation avec une spécialisation en biophysique, et ingénieur de l’Ecole polytechnique. Il est vrai que j’ai beaucoup hésité avant de commencer ma thèse : mes premières expériences en laboratoire n’étaient pas forcément concluantes. Ainsi, j’ai commencé ma carrière en intégrant un cabinet de conseil en stratégie McKinsey. C’est à ce moment que j’ai compris que ma principale source de motivation provient de l’innovation technologique.

Ainsi était née la décision de revenir vers un doctorat en ingénierie médicale, mon domaine de prédilection, avec des applications réelles pour le bien-être de la société. Je suis néanmoins reconnaissante envers mon équipe chez McKinsey de m’avoir permis de grandir personnellement et professionnellement : ce passage m’a donné une vision des moyens de gestion d’une équipe et d’une entreprise de manière générale. Avoir une autre expérience que celle de la recherche est très utile à mon avis car cela fournit une vision plus globale de l’économie.

Quel a été l’objet de vos principales recherches ?

Je faisais partie de l’équipe de biomécanique des systèmes vivants au sein du laboratoire d’hydrodynamique de l’Ecole polytechnique. Sous la direction d’Abdul I. Barakat, j’ai travaillé sur des méthodes expérimentales et computationnelles appliquées au suivi de la réorganisation des cellules dans des artères. J’espère que ces travaux permettront à la fois de développer des traitements plus efficaces pour les populations touchées par des maladies cardiovasculaires et développer de nouveaux dispositifs comme des artères artificielles.

En 2020, vous co-fondez Metyos. Quels sont les objectifs derrière cette entreprise ? Comment travaillez-vous ?

Suite et grâce à ma rencontre avec le cofondateur Alexandre Boulanger, nous avons décidé de débuter notre aventure dans l’entrepreneuriat en lançant Metyos ensemble. Notre but est de fournir aux utilisateurs une façon objective de juger l’efficacité de leur intervention nutritionnelle ou de leur changement de style de vie sur leur santé. Nous créons donc un biocapteur personnel que la personne porte comme un patch, et qui lis des données biochimiques de la personne en temps réel.

Par la suite, les données récoltées par ce biocapteur permettent de construire un conseil en nutrition véritablement personnalisé pour aider les utilisateurs à atteindre leur objectif de santé de façon la plus simple possible. Nous pensons qu’un tel biofeedback sur notre corps nous donne l’occasion de mieux comprendre notre santé mais aussi de mieux agir dessus. Aujourd’hui nous avons une équipe de 7 personnes qui travaillent sur le projet et nous prévoyons de grandir davantage dans les mois qui suivent.

Pourquoi ce choix de l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat me permet de réaliser un projet qui me plaît tout en y apportant les valeurs humaines que je souhaite voir dans un cadre professionnel. C’est une aventure dans laquelle on apprend tous les jours et où on rencontre des gens passionnants de tous les domaines. Aucune journée ne se ressemble.
Cela m’a pris du temps pour me lancer car j’avais peur : le monde des startups et de l’entrepreneuriat paraît stressant, avec des exigences fortes en termes de temps ou de compétences engagés. Mais finalement je trouve que le plaisir que ce métier apporte dépasse largement les contre-arguments.   

Comment percevez-vous le rapport entre la recherche et le monde de l’entreprise en France ?

Je pense que la recherche est la base fondamentale de chaque innovation technologique. Aujourd’hui, la France met en place des outils pour faciliter les collaborations entre la recherche publique et l’industrie, qui s’améliorent avec notre expérience commune et le recul qu’on gagne avec le temps. Je ne dirais pas que tout est parfait, mais nous ressentons une vraie volonté des deux parties de faire avancer les choses dans le sens où la recherche alimente une compétitivité technologique de la France sur la scène internationale.   

La pandémie a-t-elle impacté vos activités ? Si oui, de quelle manière ?

Heureusement, la pandémie n’a pas eu d’impact significatif sur notre activité car nous avons lancé Metyos au moment où les vaccins étaient déjà disponibles. Nous avons juste profité des confinements pour bien structurer notre projet, le travail qu’on était capable de faire chacun depuis chez soi.

Auriez-vous un ultime conseil à donner à un jeune chercheur souhaitant, comme vous, se lancer dans l’entrepreneuriat et créer sa propre boite ?

Je pense que le conseil que j’ai à donner est surtout de s’entourer de gens intéressants et compétents, avec qui on est capable de travailler non seulement quand tout se passe bien, mais aussi quand l’incertitude est au plus haut niveau et quand il faut gérer une crise. L’entrepreneuriat pour moi est avant tout une aventure humaine où l’équipe est notre plus grand atout, et donc il faut bien la choisir.


Par Léo Olivieri, journaliste web et responsable de la newsletter Back To Science chez Okay Doc.



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