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Doctorat : peut-il rimer avec entrepreneuriat ?

Doctorat : peut-il rimer avec entrepreneuriat ?

Le projet doctoral et une startup sont-ils si différents l’un de l’autre ? En dépit des idées reçues, de nombreux points communs peuvent être mis en lumière. En voici quelques-uns:  

La solidarité de l’équipe

Le doctorat comme la start-up sont une communauté d’esprits à travers l’équipe qui les constituent. En effet un doctorant et un directeur de thèse se sont mutuellement choisis, possiblement après un premier stage de recherche ensemble. Ainsi on compare souvent un thésard et son directeur à un couple. Mariés pour au moins 3 ans, ils devront bien communiquer pour former un couple harmonieux et éviter le divorce. A ce stade, doctorant et directeur de thèse possèdent une culture et un langage communs. 

Il en va de même avec les cofondateurs d’une start-up, qui se choisissent au début et deviennent par la suite des pairs partageant une vision commune. L’alchimie du succès est de même subtile et délicate pour les cofondateurs d’une start-up. Leur entente et leur complémentarité sont des éléments essentiels pour le succès du projet. Partageant de longues journées de travail en semaine et même le week-end, les cofondateurs sont mariés durant les premières années de la start-up.   

La taille du projet

La caractéristique principale de la startup est sa petite taille, qui représente un avantage décisif sur les grandes organisations. C’est en effet un changement de paradigme dans l’organisation du travail permettant d’innover grâce à une grande flexibilité. Une start-up compte généralement deux à quatre cofondateurs, rarement plus. On retrouve la même taille du côté du doctorat avec un doctorant, un directeur de thèse et parfois un codirecteur. 

La valorisation de l’individu

Dans une grande organisation le travail et la productivité de chacun sont dilués et l’impact des actions individuelles est restreint. Il est donc souvent difficile pour les meilleurs collaborateurs de se distinguer et d’être identifiés. 

En revanche en startup, la petite taille de l’équipe fait que l’action de chacun revêt une grande importance. Les initiatives individuelles et la performance de chaque collaborateur sont donc immédiatement identifiables et valorisables ! De plus le pouvoir de décision appartient à chaque collaborateur, contrairement à une grande organisation où la hiérarchie est verticale. 

C’est la même chose pour une thèse, votre directeur de thèse est certes là pour vous aider mais il ne travaillera pas à votre place. La productivité du doctorant est visible et quantifiable. En tant que doctorant vous commencerez par choisir un domaine pour votre thèse, vous choisirez même peut-être votre sujet de thèse comme ce fut mon cas. Dans tous les cas, accompagné de votre directeur vous aurez une vraie influence sur le cours de votre thèse. 

Le poids des actions et des décisions individuelles est donc décuplé en startup comme en doctorat. 

La capacité d’innovation

La plupart des entreprises classiques sont dans la reproduction de formules bien maîtrisées, pour les plus ambitieuses il s’agit de passer à l’échelle, ce que l’entrepreneur Peter Thiel, cofondateur de PayPal, appelle passer de 1 à n.

Avec une start-up ou bien durant une thèse de doctorat il s’agit d’explorer des espaces vierges en sortant de sa zone de confort. Les fondateurs de start-up comme les doctorants doivent innover, ce que Thiel appelle passer de 0 à 1.

Innover c’est créer de la valeur pour des utilisateurs, qu’il s’agisse des utilisateurs d’une nouvelle technologie ou bien des membres d’une communauté académique. Selon les cas, cette innovation prend la forme d’un produit, d’un logiciel, de brevets ou de publications scientifiques. Les « investisseurs », qu’ils soient business angels ou employeurs voulant recruter, utilisent des proxys pour mesurer la valeur créée. Pour une startup il s’agit des fonds déjà levés, tandis que pour une travail académique il s’agit du nombre de résultats et de publications scientifiques.. 

Cependant quantité n’étant pas synonyme de qualité, les utilisateurs sont les seuls juges légitimes. Ces derniers rendent leur verdict en ouvrant ou non leurs bourses pour acheter votre produit ou payer votre service, ou bien en vous citant dans leurs articles scientifiques mesurant ainsi la fécondité de vos travaux.         

La difficulté de faire face à la concurrence

Innover et créer ne sont pas suffisants, il faut valoriser vos travaux tout en naviguant dans des environnements ultra-compétitifs et en évolution rapide et constante des start-up et des cercles scientifiques. 

Les startup doivent agir avec rapidité pour éviter de se retrouver derrière la concurrence. De même les doctorants doivent éviter de voir leurs résultats publiés avant eux par un autre chercheur, ou bien de voir leurs travaux généralisés par un chercheur plus expérimenté tirant profit à leur place des potentialités de leurs premiers résultats. 

Dans l’univers académique comme dans celui des start-up ce n’est pas vous mais vos concurrents qui décident de votre rythme de travail. Je me souviens encore très distinctement du jour où un doctorant a déboulé, visiblement inquiet, dans notre bureau à 22h30 pour finir rapidement la rédaction de son article parce que son directeur de thèse venait juste de lui annoncer qu’un autre groupe de recherche travaillant sur les mêmes thématiques s’apprêtait à publier un nouvel article (et oui, moi aussi j’étais encore à 22h30 ce jour là au bureau pour travailler sur ma thèse de mathématiques). 

Une start-up ou un doctorat c’est donc une même proposition : celle de travailler dur mais de façon flexible entre personnes compétentes et ambitieuses au service d’une vision, afin d’innover et de créer de la valeur. 

Nul besoin de choisir entre aventures doctorale et entrepreneuriale, le doctorat peut être un excellent tremplin pour l’entrepreneuriat, notamment si vous avez l’opportunité de commercialiser vos travaux de recherche. A vous de jouer !

Dr. Anthony Bordg
Research Associate
University of Cambridge, UK
https://sites.google.com/site/anthonybordg/

A propos de Okay Doc

Face à l’intensification de la concurrence internationale pour les meilleurs talents et à la difficulté pour les entreprises d’identifier les chercheurs, Okay Doc est devenu le premier cabinet de conseil et de recherche dédié à la transformation des organisations à partir de l’expertise des chercheurs sensibilisés aux problématiques des entreprises dans différents domaines : la e-santé, les sciences humaines et sociales, l’intelligence artificielle, la data science, les sciences du vivant et des matériaux. Notre expérience nous permet d’offrir un service clé en main : sourcer, sélectionner et coordonner les chercheurs dans différentes disciplines pour réaliser un état des lieux de vos problématiques et les résoudre en s’appuyant sur l’expérience et des méthodologies universitaires innovantes.

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