Biomimétisme : quand le vivant nous inspire !

Biomimétisme : quand le vivant nous inspire !

Interview Laura Magro - Biomimétisme

S’inspirer de la nature pour inventer le futur. Cette semaine, découvrez notre entretien avec Laura Magro, ingénieure-docteure en physique-microfluidique et directrice du Développement Scientifique chez Ceebios. Elle nous livre des perspectives innovantes sur l’impact du biomimétisme dans des domaines tels que l’écologie et le développement durable, tout en mettant l’accent sur l’apport des chercheurs.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le biomimétisme et comment il peut inspirer l’innovation ou le développement durable ?

Laura Magro : Dans sa définition la plus large, le biomimétisme, c’est s’inspirer du vivant pour résoudre les enjeux du développement durable. Plus concrètement, la richesse de cette démarche repose sur trois piliers essentiels : une démarche scientifique nécessairement pluridisciplinaire qui rapproche la biologie des métiers de l’ingénierie, de la conception, de l’urbanisme, de la technologie… une méthodologie de conception qui s’appuie sur des outils et des processus pour faciliter le transfert de connaissances entre disciplines scientifiques et faire émerger des solutions innovantes, et un objectif de durabilité, dans une optique de performance environnementale, le regard sur le vivant doit nous permettre de chercher plus de circularité, de sobriété, de régénération de la biodiversité…

Dans sa définition la plus large, le biomimétisme, c’est s’inspirer du vivant pour résoudre les enjeux du développement durable.

Quel est le rôle de Ceebios dans la promotion et l’application du biomimétisme ?

Laura Magro : À Ceebios, ce qui nous anime, c’est de faire du biomimétisme un levier majeur de la transition écologique et sociétale. Pour cela, nous travaillons quotidiennement sur des projets d’innovation concrets pour mettre en pratique le biomimétisme à des échelles variées : dans la R&D industrielle, au niveau des infrastructures, dans les dynamiques territoriales. Nous nous nourrissons de ces retours d’expérience pour consolider la démarche du biomimétisme elle-même à travers des travaux de thèses méthodologiques, une collaboration avec l’ADEME sur le lien entre biomimétisme et éco-conception, la création d’outils novateurs au service des équipes d’innovation…

Enfin, nous nous assurons du déploiement massif du biomimétisme par l’intermédiaire de groupes de travail thématiques (par filière industrielle), d’initiatives régionales, d’un fonctionnement en mode coopérative pour agréger autour de nous l’ensemble des parties prenantes du biomimétisme.

À Ceebios, ce qui nous anime, c’est de faire du biomimétisme un levier majeur de la transition écologique et sociétale.

Quelles sont les principales industries ou domaines où le biomimétisme est le plus prometteur en termes d’innovation ?

Laura Magro : Historiquement, la bio-inspiration a largement contribué aux innovations dans le secteur aéronautique : hydrodynamisme des rapaces pour les avions, techniques de vol de la libellule pour l’hélicoptère, les oiseaux migrateurs pour des vols collectifs… Au-delà des inspirations de forme, le biomimétisme explore aujourd’hui des questions plus structurantes sur les matériaux (allègement de structures, recyclabilité des matériaux composites, fonctions pour l’acoustique et la maintenance…) et les capteurs (miniaturisés, dimensions logicielles et matérielles, efficience dans la gestion de la donnée…). Par extension, ce sont les mêmes enjeux techniques et environnementaux qui se posent dans tout le secteur de la mobilité mais aussi pour nos infrastructures énergétiques, dans les technologies de l’information et de la communication, dans le secteur du bâtiment… 

Les métiers de la chimie (santé, pharmaceutique, cosmétique, agroalimentaire…) ne sont pas en reste avec un historique fortement lié à l’utilisation de matières premières naturelles qui s’est enrichi avec l’émergence des principes de la chimie verte. La chimie bio-inspirée amène aujourd’hui de nouvelles pistes d’innovation sur la multifonctionnalité, sur le lien structure-fonction, sur la structuration de la matière à toutes les échelles.

Pouvez-vous partager quelques exemples concrets de projets ou d’applications réussies du biomimétisme ?

Laura Magro : En France, on peut faire référence à de nombreuses start-ups bio-inspirées dites de la « deeptech », issues de travaux académiques et qui démontrent la réelle opportunité que représente le biomimétisme en termes de valorisation de la recherche. 

Prophesee propose des systèmes de vision neuromorphiques qui révolutionnent la manière d’enregistrer une information visuelle, sur le modèle de l’œil biologique, en étant beaucoup moins gourmand en données numériques que les caméras traditionnelles. Ces systèmes trouvent leur place comme dispositif médical pour les personnes mal-voyantes, comme capteur pour les véhicules autonomes, comme système de suivi de la production industrielle. 

Eel Energy et Corwave utilisent le même principe de membrane ondulante inspirée de la nage des anguilles pour, respectivement, récupérer l’énergie des courants maritimes et fluviaux (hydroliennes nouvelle génération) et proposer des pompes cardiaques plus physiologiques (écoulement pulsé beaucoup plus proche des systèmes sanguins naturels). 

Crusoé est un répulsif antimoustique naturel issu de l’étude de la communication chimique entre espèces (interactions proie-prédateur, attraction des pollinisateurs…). 

En France, on peut faire référence à de nombreuses start-ups bio-inspirées dites de la « deeptech », issues de travaux académiques et qui démontrent la réelle opportunité que représente le biomimétisme en termes de valorisation de la recherche.

Quels conseils donneriez-vous aux entreprises qui souhaitent explorer davantage le potentiel du biomimétisme dans leurs activités ?

Laura Magro : Le biomimétisme est vraiment une approche complète qui démarre par des premiers pas R&D simples (veille scientifique et technique, formation méthodologique, expérimentation sur une preuve de concept…) mais qui aboutit à des résultats concrets (solutions innovantes, stimulation des équipes…) et contribue à des enjeux stratégiques (renouvellement de l’écosystème partenarial, feuille de route R&D au service des enjeux de transition, positionnement stratégique…).

Pouvez-vous nous donner un aperçu des conférences que vous proposez avec Okay Doc aux entreprises intéressées par le biomimétisme ?

Laura Magro : Par son côté polyvalent et universel, le biomimétisme se décline facilement selon différentes grilles de lecture. Les experts Ceebios proposent des conférences scientifiques selon des axes thématiques ou sectoriels (chimie, numérique, transport, énergie…) et biologiques (focus sur le milieu marin, les insectes…). Le biomimétisme peut être exploré sous l’angle méthodologique comme approche créative et pluridisciplinaire, comme stratégie de valorisation de la recherche, en interaction avec le design… Enfin, la dimension écologique du biomimétisme est particulièrement singulière et originale : le vivant source d’émerveillement, comme allié et non comme contrainte, pour une R&D au service de la RSE, dans des perspectives d’adaptation au changement climatique et de réintégration des activités humaines dans les limites planétaires. Un vaste programme donc !

La dimension écologique du biomimétisme est particulièrement singulière et originale.

Existe-t-il des défis ou des obstacles à surmonter pour une adoption plus large du biomimétisme en France et quel est le rôle des chercheurs dans ce processus ?

Laura Magro : Pour s’insérer plus massivement dans les stratégies d’innovation, le biomimétisme doit réussir son couplage avec toutes les autres approches (design thinking, théorie CK, éco-conception, design régénératif…), afin de proposer des synergies vertueuses. Le biomimétisme repose aussi sur une courroie de transmission efficace entre recherche académique et innovation industrielle : chercheurs académiques et docteurs en entreprise sont essentiels pour fluidifier le transfert de connaissances.

Chercheurs académiques et docteurs en entreprise sont essentiels pour fluidifier le transfert de connaissances.


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